enmeuse.fr

WEB MAGazine  » La vie en Meuse « 

Sophie Guinzbourg – Artiste peintre (Nancy – Lorraine)

Par enmeuse.fr Pascal CORDIER • 12 fév, 2010 • Catégorie: Culture

Présentée par Gérard Charut
Elle a beau tremper ses pinceaux dans les ocres et les carmins, marier sur sa palette le marron glacé, le brun¬ tête-de-nègre, l’ivoire et le gris lichen, Sophie Guinzbourg¬ pratique une « peinture blanche ».

Expliquons cet aimable paradoxe : René Daumal, l’un des ¬fondateurs de la revue « Le Grand Jeu », écrivait, dans une de¬ ses « fulgurances » qu’il partageait avec Artaud : « Comme la ¬magie, la poésie est noire ou blanche, selon qu’elle sert le ¬sous-humain ou le surhumain ».
De la même manière, il y a une « peinture noire », qui¬ fouaille les abysses de l’âme, la part sombre de l’homme, sa ¬bestialité brutale. C’est une peinture au mieux de la ¬dénonciation, au pire de la fascination et de la¬ complaisance. Et puis il y a la « peinture blanche », celle ¬qui se place résolument du côté de l’humanité, une peinture ¬du partage, qui élève l’esprit par l’exemplarité ou qui nous -reconnecte avec l’émerveillement de l’enfance, ce paradis ¬perdu.

C’est cette peinture là que pratique Sophie Guinzbourg. ¬Amoureuse de l’amour, amie de l’amitié, elle fige ses images¬ dans le gel sensible de la sérénité. A contrario des toiles ¬maléfiques à donner des cauchemars, on pourrait parler à son ¬propos d’une peinture anxiolytique, bienveillante, à -accrocher face à son lit – si possible une représentation de¬ couple aimant, un de ses thèmes incantatoires favoris – ou¬ au-dessus de la grande table familiale ouverte aux frères ¬d’âme.

Avec Sophie, l’art pictural renoue ainsi avec sa fonction¬ oubliée d’icône protectrice. Le tableau veille et préserve ¬ceux qu’il surplombe. Ou alors il s’ouvre comme une fenêtre ¬sur l’imaginaire, vocable qui n’est pas innocemment proche ¬du mot image.

Ses toiles, voluptueuses, soulèvent le rideau rouge des rêves. Elles¬ nous hissent sur la scène du music-hall, tout près de ¬l’illusionniste, pour nous faire toucher du doigt combien la¬ peinture est aussi un art magique, médiumnique. Un moyen de ¬faire apparaître ou disparaître les choses et les gens. Dans ¬ce sens, un coup de pinceau peut être plus assassin qu’un ¬coup de couteau. Un trait de brosse et hop ! voilà le personnage volatilisé dans les limbes de l’art.

Pour célébrer le simple plaisir d’être ensemble, Sophie ¬Guinzbourg nous invite aussi à la buvette, afin de caqueter¬ un brin sous les fanions, un verre à pied à la main. Plein¬ de « jaja » et de joie. Elle nous donne des tickets gratuits¬ pour aller sur les manèges, histoire de se serrer davantage¬ et de sentir nos cœurs battre plus fort à l’unisson.

Enfin, bonheur suprême, elle nous convie au cirque. Au¬ premier rang. Là où la queue de la sirène jongleuse nous¬ évente, où les destriers emballés font voler la sciure sur ¬nos genoux, où les papillons soufflés par la trompette du ¬clown centaure peuvent, d’un battement d’aile, changer la¬ face du monde et réjouir la nôtre.

Comme Circé la magicienne et comme Yves son papa ¬prestidigitateur, voilà donc l’enchanteresse qui a plus d’un ¬tour dans son grand sac à malices. Ses pigments sont des sels vivifiants. Elle nous immerge dans un bain de jouvence ¬qui nous fait la peau douce, le rire clair et les yeux brillants, comme ceux des enfants.

Gérard Charut

Théâtre Tangente Vardar
6 rue de Riauvaux
55210 Lachaussée
03 29 89 30 23
www.theatre-tangente-vardar.com

enmeuse.fr Pascal CORDIER est le fondateur du site
Email à cet auteur | Tous les Articles par enmeuse.fr Pascal CORDIER

Laisser un Commentaire

Image CAPTCHA Version Audio
Recharger l'image