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Réunions à Bruxelles pour évoquer la crise agricole et plus particulièrement laitière

Par enmeuse.fr Pascal CORDIER • 5 nov, 2009 • Catégorie: Actu

Mardi 3 novembre, Christian Namy, président du Conseil général de la Meuse, se trouvait à Bruxelles pour une réunion de travail sur la crise qui touche aujourd’hui toutes les productions agricoles.

Etaient à ses côtés : Messieurs Denis Cordonnier, Serge Nahant et Jean-François Lamorlette (vice-présidents du Conseil général), Jean-Luc Pelletier, Franck Menonville, Nicolas Pérotin et Gérard Lepage, respectivement président et vice-présidents de la Chambre d’agriculture et Thomas Périn, président des Jeunes agriculteurs de la Meuse.

Pour mémoire, début octobre, inquiets de la baisse brutale de leurs revenus, les agriculteurs avaient manifesté leur détresse et leur révolte tout en appelant à la recherche de solutions immédiates mais aussi durables.

Le 15 octobre, en présence des coopératives agricoles meusiennes, une motion « pour une agriculture forte dans le tissu économique meusien » avait été adoptée par le Conseil général et approuvée par les trois chambres consulaires départementales.

Dans le même temps, Christian Namy et ses vice-présidents, après avoir reçus des représentants des producteurs agricoles avait alors annoncé l’organisation d’un déplacement à Bruxelles pour remonter les attentes des exploitants. Contact fut pris avec Joseph Daul, député européen et président du Parti Populaire et Libéral (PPE) au Parlement (et ancien président de la Commission de l’agriculture et du développement rural du Parlement européen entre 2002 et 2007).

La journée du 3 novembre s’est déroulée en deux séquences :

- rencontre avec Mme Lene Naesager, chef de cabinet de la Commissaire européen de l’Agriculture et du développement rural (Mariann Fischer-Boel) : il s’agissait d’aborder la crise actuelle sous un angle technique ;
- rendez-vous avec Joseph Daul et Michel Dantin (député européen, également spécialiste des questions agricoles). L’aspect politique prévalait dans cette réunion.

Ces deux réunions ont été l’occasion de poser clairement le débat :
- quel avenir pour la filière laitière française et les autres productions ?
- devant la dépendance de l’agriculture hexagonale à la Politique Agricole Commune dont le soutien s’étiole depuis 1992, quel soutien réel de l’Union européenne est-il possible d’attendre ?
- qu’attend-t-on alors de l’agriculture européenne ?
- quid des négociations avec l’Organisation Mondiale du Commerce ?

Le groupe a ainsi exprimé ses attentes et ses craintes alors que se profile la révision de la Politique Agricole Commune prévues en 2013.

Il ressort des échanges avec la Commission :
- que les inquiétudes des producteurs et agriculteurs français et européens ont été entendues : le nouveau fonds laitier européen est la réponse immédiate aux exploitants les plus affectés ;
- qu’il est nécessaire d’aller vers plus de flexibilité pour faire face à la concurrence mondiale ; cela passe par une modernisation des structures agricoles ;
- que le soutien à l’agriculture dépend d’une bonne harmonisation de tous les Etats-membres ;
- des solutions comme la contractualisation ou la transparence des prix notamment doivent être étudiées attentivement avant d’être proposées comme une alternative à la crise.

Pour Joseph Daul :
- il faut avoir en tête que tous les Etats-membres ne sont pas attachés au modèle agricole français (et sud européen). C’est le rôle des élus européens de travailler à la recherche d’une majorité favorable à la France et à ses partenaires (7 à 8 pays dont l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Bulgarie, …) ;
- il faut anticiper les futures négociations de la PAC : les filières, les représentants syndicaux doivent être force de propositions ; c’est seulement avec un projet déterminé qu’il sera possible de soutenir efficacement l’agriculture.
- Il faudrait aussi affirmer que l’agriculture est le pilier de la sécurité alimentaire européenne.

A l’issue des rendez-vous, les personnes présentes ont ressenti une grande capacité d’écoute de leurs interlocuteurs européens. Ces derniers ont fait part avec franchise des intentions et difficultés actuelles (dues entre autres à une vision de l’agriculture différente dans les 27 Etats-membres de l’Union).

Il a été convenu que les acteurs de l’agriculture meusienne informeraient systématiquement et immédiatement leurs contacts européens sur l’évolution de la crise et de l’économie agricole meusienne.

enmeuse.fr Pascal CORDIER est le fondateur du site
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