enmeuse.fr

WEB MAGazine  » La vie en Meuse « 

Exposition ‘Les Mémoires ‘ de Gérard Larguier – Du 18 janvier au 7 mars

Par enmeuse.fr Pascal CORDIER • 31 jan, 2008 • Catégorie: Culture

Kandinsky écrivait que l’oeuvre d’art est l’enfant de son temps et bien souvent, la mère de nos sentiments. Le regard à lui consacré devrait donc normalement aider chacun à se resituer dans l’indéfini de l’existence et se déterminer dans l’émotion ressentie. Devrait … Si le présent est ainsi conditionnel, c’est que la conscience de voir s’accompagne – le devrait ! – de celle de réfléchir et qu’une telle réalité n’est parfois guère appréciée par ceux ayant fait du présent une chasse gardée par leur conquête de l’avenir.

largier2.jpgAlors fut imaginée une nostalgie opium de la mémoire pour justifier un pragmatisme incapable de s’embarrasser d’excédents de bagages dans sa quête de modernité. Mais n’est-ce pas là nier l’essence même de la Vie qui déroule ses engrenages d’infini en infini, découvrant ainsi les signes transitoires de l’imperfection d’exister ? Le défaut, l’inachevé peuvent alors être les outils privilégiés d’un créateur en quête de vivre, donc de savoir réinventer la méditation, cette merveilleuse perte de temps permettant à l’Autre d’accéder à la réflexion… celle qui, réverbère aussi bien que celle qui discerne. Jusqu’à l’écho revenant d’une émotion partagée.

C’est alors à une énigme qu’il faut s’adresser. Familièrement. Pour que ne se brise l’instant fragile d’une intimité passagère, celle qui se découvre dans ce qu’André Breton appelait le hasard objectif – quand le non-dit s’apparente à la raison afin de donner corps à l’émotion. A la création d’une rencontre. Car l’Art est fulgurant, qui n’est vital qu’en fonction du moment à partager, aussi fugace soit-il dans un monde où les temps d’arrêt sont comptés.

Le talent du créateur sera alors d’inventer la clef permettant d’entrer dans un monde qui est autant le sien que celui du visiteur. Sera … le futur est simple comme tout à l’heure, le présent était conditionnel ! C’est ainsi quand l’inhabituel prend le familier à témoin et l’oblige à jouer des mémoires ayant accompagné son existence. Jusqu’à ce que la pensée mette du rêve au destin ou bien du rejet à l’évidence. Ainsi va la Vérité, qui est parfois d’une virtualité rendant presque possible le besoin de retrouver l’Essentiel !

Et ainsi va la Mémoire – ou plutôt, les mémoires … celles qui ne cèdent à aucune commémoration mais sont l’acquis de chacun dans leurs combats contre l’oubli, cette misère première. Et font de la sorte l’Histoire – comme l’a si bien démontré ce grand Meusien qu’était Fernand Braudel. La Mémoire en multiplication qui, parfois, attend vainement son heure mais patiente quand même dans l’attente d’elle ne sait quelle larme ou quel rire. La Mémoire qui n’est en rien officielle mais n’en partage pas moins la même majuscule qu’une Histoire entreprenant de mélanger les genres – Parfois.

Alors les vérités elles aussi s’entremêlent. Jusqu’à l’éternel retour du destin, celui qui est en filigrane de toute vie et que n’importe quel démiurge devrait savoir respecter. Mais n’est-ce pas là un autre chapitre de l’Histoire … de l’Art ?

Du 18 janvier au 7 mars
Bar-le-Duc
Hôtel du Département Conseil Général de la Meuse.
Du lundi au vendredi 9h à 18h, tous les dimanches de 14h à 18h.

Marqué comme: ,

enmeuse.fr Pascal CORDIER est le fondateur du site
Email à cet auteur | Tous les Articles par enmeuse.fr Pascal CORDIER

Laisser un Commentaire

Image CAPTCHA Version Audio
Recharger l'image